Xavi le voulait pour son Barça, Xabi Alonso en rêvait au Real Madrid, mais Martin Zubimendi a finalement rejoint Mikel Arteta à Arsenal. À 27 ans, la sentinelle basque alterne ainsi entre le boring football des Gunners et le toque revisité de la Roja, avec qui il compte bien décrocher une deuxième étoile. Entretien avec un control freak.
En quoi Martin Zubimendi a-t-il changé depuis qu’il joue à Arsenal ? Le style de jeu d’Arteta me permet d’être un peu plus haut sur le plan offensif. Dès le premier jour, il m’a demandé d’apporter cette dernière passe, d’être plus dangereux dans mon jeu dans le dernier tiers du terrain. Je progresse dans ce domaine. Chez Arteta, j’ai vu une différence dans les petits détails, dans des choses basiques qui, sur le long terme, sont déterminantes. On pourrait même croire qu’il n’est pas nécessaire de les travailler à l’entraînement, et pourtant si.
Tu as un exemple concret ? Faire en sorte que nos passes arrivent toujours sur le bon pied du coéquipier, réfléchir si le contrôle doit se faire à l’arrêt ou en mouvement, ne pas rester sur la même ligne que son adversaire mais prendre quelques mètres de distance pour créer un espace libre… Arteta arrête souvent l’entraînement, il nous corrige, puis on recommence jusqu’à ce que tout soit parfaitement exécuté.
La Premier League héberge des coachs comme Mikel Arteta, Unai Emery ou Andoni Iraola. Qu’ont de particulier les entraîneurs basques pour être si bien représentés dans le meilleur championnat du monde ? C’est sûrement une question de personnalité: les Guipuzcoanos (habitants du Guispuscoa, l’une des trois provinces du Pays basque, dont est originaire Zubimendi, ndlr), et même les Basques en général, on est des gens qui pensons toujours au collectif et qui n’avons pas beaucoup d’ego. C’est quelque chose de fondamental lorsqu’on travaille dans un groupe.
Avant de rejoindre Arsenal, tu as fait cinq saisons complètes à la Real Sociedad, ton club formateur, malgré les offres régulières de l’étranger. C’est si difficile de partir du Pays basque ? Il y avait des projets intéressants, mais après réflexion, j’en concluais que ce n’était pas le bon moment. Si je quittais Saint-Sébastien, c’était pour vivre une expérience professionnelle, mais également personnelle: sortir de mon environnement, de mes habitudes. C’était une manière de montrer que j’étais prêt à quitter cette zone de confort, ce que je n’avais encore jamais fait dans ma vie. Finalement, ça s’est déroulé naturellement. Et puis j’ai reçu beaucoup de visites de mes proches à Londres, sur le terrain ça se passait bien, j’ai vite joué régulièrement… Tout a été très positif. Je te dirai quand les choses iront moins bien (rires) !
Quel était ton niveau d’anglais avant d’arriver à Londres ? Basique, mais je comprenais la langue. C’était le plus important, parler viendrait ensuite avec le temps. La vie d’un footballeur est très conditionnée par les horaires de l’équipe. On te dit quand tu pars et quand tu