Lucas Digne : "Dans la vie il y a plus grave que les problèmes de footballeurs"

Écrit par S.Foot, le 22 avril 2026 à 10:50.

Lucas Digne : "Dans la vie il y a plus grave que les problèmes de footballeurs"

On pense rarement à lui en premier, et pourtant, Lucas Digne est le joueur le plus ancien du règne de Didier Deschamps chez les Bleus.À 32 ans, celui qui a connu le PSG, la Roma et le Barça avant de se fixer dans l'Aston Villa d'Unai Emery s'apprête enfin à disputer une coupe du monde, après deux éditions regardées à la télé. Rencontre chez lui, dans le nord de Londres.

Tu as 32 ans, et après deux coupes du monde à la maison, tu es bien placé pour en être cette fois-ci. Est-ce que ça t'a fait aborder cette saison d'une manière particulière ?
J'ai ça dans un coin de ma tête depuis la prépa en août, oui, même si à ce moment-là, c'était encore loin. Une saison, c'est très long, il peut y avoir des blessures, donc il ne faut pas non plus que ce soit un fardeau. Mais celle-ci, j'ai envie de la faire ! C'est un objectif important pour moi, aussi parce que mes enfants sont en âge de comprendre ce qui se passe. Je suis conscient de la chance d'être en équipe de France, mais de le voir dans les yeux de mes enfants, c'est encore plus fort. Pour moi, c'est comme une seconde jeunesse.

Ce serait un soulagement d'y aller, après avoir aussi raté l'Euro 2024 ?
Je ne vais pas te mentir, j'étais frustré de ne pas y être. Ne pas voir son nom dans la liste, c'est toujours une épreuve, mais il faut savoir se remettre en question. Soit on vit dans le passé et avec des regrets, soit on va de l'avant. Moi, je ne suis pas du genre à me morfondre, je suis un bosseur. Ce sont des valeurs que je veux inculquer à mes enfants.

Tu les as vécues comment, les deux dernières finales de coupe du monde ?
2018, je l'ai regardée à la télé, forcément partagé entre la déception de ne pas y être et la fierté d'être français. J'étais content pour mes potes, mais il y avait un mix bizarre… 2022, c'était différent…

Pourquoi ?
J'avais connu des blessures peu de temps avant la liste, donc j'étais un peu plus détaché, et plus dans une position de fan.

Si on prend la date de la première sélection comme critère, tu es le doyen de cette équipe de France. Est-ce que ça te donne un rôle particulier dans le groupe ?
Pas vraiment, mais je sens que les jeunes peuvent être à l'écoute de ce que je dis. J'ai un certain vécu, donc je peux leur apporter des conseils sur le jeu, sur certaines actions, certains profils d'adversaires, ou même à propos de la vie de groupe. En sélection, j'ai la même envie aujourd'hui que lors de ma première convocation il y a douze ans. Si je ne l'avais pas, j'aurais arrêté depuis un moment.

Mon grand-père était colonel dans l'armée, donc il y a un rapport assez fort au fait de porter les couleurs de son pays. Il y a des devoirs et des responsabilités qui sont liés à ce maillot. Pour un joueur de foot, c'est ce qu'il y a de plus haut et de plus fort.

Quelle relation as-tu avec Didier Deschamps ?
Je peux dire qu'on se connaît bien, maintenant. Ça fait un petit moment qu'on se fréquente (rires). C'est un coach proche de ses joueurs, qui manage très bien son groupe et son équipe. Il sait quand tirer sur la corde, quand la relâcher. Il se comporte exactement de la même manière avec les remplaçants qu'avec les titulaires, avec le même respect. Et c'est pour ça que ça fonctionne. Si tu traites un joueur différemment parce qu'il joue moins, c'est là que tu perds ton groupe.

Qu'est-ce qui a changé dans cette équipe entre 2014 et aujourd'hui ?
Les joueurs, déjà. Il y a une nouvelle génération qui est arrivée avec beaucoup de qualités. Avant, il y avait quand même des joueurs comme Karim Benzema ou Paul Pogba, qui pouvaient prendre beaucoup de place. Ceux qui arrivent sont jeunes et n'ont pas encore été starifiés. Dans un ou deux ans, ça sera peut-être différent, mais il y a toujours cette même envie et ce respect par rapport au maillot bleu. Et ça, c'est beau quand ça se transmet.

La France est très bien fournie à tous les postes, sauf peut-être chez les latéraux. Comment tu l'expliques ?
Je ne suis pas d'accord avec ça. Moi, j'ai connu la concurrence de Patrice Évra,

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