Un Dean presque parfait

Écrit par S.Foot, le 6 janvier 2026 à 11:50. Mis à jour le 7 janvier 2026 à 10:27.

Un Dean presque parfait

Il est grand, il est jeune, il est blond, il parle quatre langues, il est ambidextre, et accessoirement il est aussi le défenseur le plus cher de l’histoire du Real Madrid. À première vue, la météorite Dean Huijsen a tout pour lui. Y compris un papa surnommé “Maradonny”, un ex-taulard à qui la dernière pépite du football espagnol doit presque tout.

Sa première sélection chez les grands, Dean Huijsen l’a vécue dans son pays natal, mais aussi du mauvais côté de l’histoire de ce quart de finale de ligue des nations disputé en mars dernier. C’est en tout cas l’avis des supporters néerlandais qui ont accueilli son entrée en jeu à la 41e minute de jeu par des sifflets, des doigts d’honneur et pas mal de “Verrader!” (“traître” en VF). La raison de ce seum monumental du Kuip de Rotterdam ? Bien que né à Amsterdam, le défenseur central a fait le choix de représenter les couleurs de l’adversaire du soir des Oranje : l’Espagne. Sans regrets, comme l’affirme l’intéressé ce soir-là, au terme d’une performance XXL tout en décontraction : “Je me sens pleinement espagnol et le destin a voulu que mon premier match en sélection soit contre les Pays-Bas… Les sifflets étaient prévisibles, mais ça ne reste que des bruits de fond auxquels je ne prête pas attention. Rappel important : avant son apparition dans la “Cuvette”, Dean Huijsen, 20 ans et sélectionné jusqu’alors dans toutes les sélections de jeunes des Pays-Bas, était un sombre inconnu pour le grand public espagnol. Mais il faut croire que tout va vraiment très vite dans le voetbal puisqu’il lui aura fallu seulement deux petites saisons chez les pros et un crochet par quatre clubs et trois championnats différents pour devenir titulaire indiscutable avec la Roja et le Real Madrid. Le point déjà culminant d’un parcours improbable.
 


Maradonny et le trafic de cocaïne
Pour comprendre cette ascension météorique, il faut évidemment se pencher sur le dossier du père, Donald Huijsen. Grand, blond et biberonné par le rigoriste Co Adriaanse dans les équipes de jeunes de l’Ajax, l’attaquant découvre le vestiaire des pros à l’été 1993. Clarence Seedorf, Patrick Kluivert, ou encore Nwankwo Kanu ne tardent pas à lui emboîter le pas. Tous finiront par remporter la ligue des champions deux ans plus tard, sauf “Donny”, pas vraiment dans les petits papiers de Louis van Gaal. À l’époque, “le Pélican” lui offre une seule petite apparition en Supercoupe des Pays-Bas, contre le Feyenoord Rotterdam, avant de l’expédier en prêt aux Go Ahead Eagles, puis en deuxième division, au HFC Haarlem. “Le transfert de Huijsen était très important pour nous, il commençait à se faire un petit nom dans le pays, exagère légèrement Edwin Struis, archiviste et historien de ce club qui a fait faillite en 2010. On tentait alors de retrouver notre glorieux passé, l’époque où l’on avait Ruud Gullit et Arthur Numan, où l’on terminait quatrième d’Eredivisie et où nous disputions la coupe d’Europe.” Dans le nord de la capitale, Donny cartonne –22 buts en 33 matchs– et se voit même affubler d’un surnom : Maradonny. “Il avait le potentiel pour devenir l’attaquant numéro un

Sur desktop et mobile : 4,99 € par mois ou 39 € par an, sans engagement

S'abonner