Dani Olmo : “Si tu ne cours pas, tu ne gagnes pas”

Écrit par J.Prieto Santos, le 6 juillet 2024 à 17:00.

Dani Olmo : “Si tu ne cours pas, tu ne gagnes pas”

Forgé en Croatie, avant d’être un rouage essentiel du Gegenpressing du RB Leipzig, Dani Olmo est aujourd’hui le facteur X de la Roja alors qu’il n’a jamais disputé le moindre match de Liga. Interview avec un N°10 plein de ressources.

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Comme Xavi, tu es né à Terrassa, en banlieue de Barcelone. Il y a quoi dans l’air là-bas pour que vous ayez fini pros ? 
C’est une ville très sportive. On a un super club de natation, les équipes de waterpolo féminines et masculines ont toujours performé et je crois qu’on n’est pas mal non plus en basket et en hockey sur gazon. À son échelle, Terrassa a toujours été très branchée sur la compétition, donc ce n’est pas un hasard que cette ville et ses alentours soient le berceau de joueurs de la dimension de Xavi, Busquets (né à Sabadell, ville voisine de Terrassa) ou Albert Luque (ancien joueur du SuperDepor devenu par la suite DTN de la fédé espagnole). Évidemment, c’est aussi celui de mon père, et le mien. Quand j’étais gosse, j’avais toujours un ballon dans les pieds. Avec mon frère Carlos, on était comme Olive et Tom, on passait notre temps à jouer au foot. Il a deux ans de plus que moi, donc il faisait comme tous les aînés: il envoyait son petit frère aux cages. Ça a changé quand j’ai pris ma première licence en club. (Il sourit)

Tu as très vite intégré l’académie de l’Espanyol, puis celle du Barça, avant de finir ta formation au Dinamo Zagreb. Pourtant, quand on te regarde, on n’a pas l’impression que tu sois un joueur formaté. 
Je suis une sorte d’hybride. Le Barça et le Dinamo ont été des étapes fondamentales dans ma construction, mais si je devais me définir, je dirais que je suis un joueur de rue. Dans une académie tu apprends énormément, mais jouer dans la rue, dans des parcs ou à la plage, c’est aussi très formateur. Ça t’aide à peaufiner la technique, à avoir d’autres automatismes… Ce que tu apprends dans la rue, ça reste pour toujours.

Ton père Miquel a grandement participé à ta construction. C’est une légende du football amateur catalan. Il a entraîné des clubs de seconde division, Sabadell et Girona, mais sa carrière de joueur et de coach s’est surtout résumée au foot d’en bas. Est-ce que quelque part tu n’es pas le fruit de sa frustration ? 
Pas du tout. C’est vrai qu’il a commencé tout en bas, mais il a su gravir des échelons. Il a joué et entraîné dans son club de cœur, le Terrassa FC, et il a même été à deux doigts de faire monter Sabadell en première division. Il n’a jamais entraîné en Liga, mais il a eu une bonne carrière. Et le fait qu’il soit coach m’a évidemment aidé. Il a toujours été de bon conseil.

Lesquels te donnait-il en particulier ?
C’est très cliché, mais il m’a toujours dit de jouer au foot pour m’amuser. Pour lui, avoir le sourire sur le terrain et être performant, ça n’est pas incompatible. Et il a raison. Si tu ne prends pas de plaisir, comment peux-tu bien faire les choses ? Sur le terrain, le plus important c’est de kiffer, surtout quand on est jeune.

Avoir un père coach, c’est comme avoir un parent prof, ça peut être chiant, non ? 
(Rires) Franchement, ça va. Il était exigeant, mais il ne dépassait jamais les bornes. Et puis, j’ai mon petit caractère, il sait très bien comment je suis et ce qu’il peut me dire ou pas. 

En France, on a des “projets Mbappé”. Des parents qui s’improvisent coachs pour que leurs enfants deviennent absolument pros. Il était dans cette logique-là ton père ? 
Si je suis devenu professionnel, c’est en partie grâce à lui et au reste de ma famille. Comme tous les parents, il me faisait des débriefings… Mais il ne m’a jamais fait pleurer après un mauvais match ou un mauvais contrôle. Je jouais sans pression. Le vrai problème, ce sont ceux qui se prennent pour des entraîneurs alors qu’ils n’ont aucun diplôme. Comme ils font partie du panorama du football depuis toujours, on a banalisé leur comportement, mais il faudrait que ça change… Ce n’est pas normal que des adultes souffrent plus que leurs enfants. La seule chose qu’ils vont réussir, c’est de les dégoûter du football. 

 

 

Tu avais 16 ans quand tu as rejoint le Dinamo Zagreb. Tu es parti avant que le Barça ne te montre la porte de sortie ? 
J’aurais pu rester à la Masia, mais le Dinamo m’a présenté un projet qui m’a donné envie de les suivre. Les dirigeants avaient confiance en moi et à l’époque je n’ai pas noté que le Barça comptait autant sur moi.

C’est quand même bizarre de s’expatrier en Croatie à 16 ans, non ? 
Il y en a qui n’ont pas compris mon

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