Pendant que tout le monde du foot lorgne l'eldorado anglais et ses gros salaires, lui a quitté Leeds et toute sa famille pour Toulouse. Double vainqueur de l'Euro chez les espoirs et désormais valeur sûre de la Ligue 1, Charlie Cresswell n'est plus très loin des Three Lions. En attendant, il médite sur son amour pour Rocky Balboa, la bagarre et la musique country.
1. La Premier League fait rêver tous les joueurs, en France comme ailleurs. Qu'est-ce qui t'a pris de quitter l'Angleterre pour la Farmers League ?
L'exposition ! La Ligue 1 regorge de talents émergents, de joueurs établis, de grands clubs… Que tu sois jeune ou pas, c'est un excellent championnat pour venir exprimer ton football. Le surnom de Farmers League, c'est surtout quelque chose que les gens écrivent sur les réseaux pour se moquer. Mais attention, il y a un immense respect pour la Ligue 1 en Angleterre. Chaque année, on voit des joueurs émerger et venir briller en Premier League.
2. Tu es seulement le troisième joueur anglais de l'histoire à jouer à Toulouse, après John Bostock et Rhys Healey. Pourquoi vous vous exportez aussi peu ?
Je crois que les joueurs anglais ont l'impression qu'ils ne gagneraient rien à partir à l'étranger. Moi-même, à la base, je pensais que pour arriver là où je voulais aller, je devais absolument le faire en Angleterre, en montant les échelons sur place. En venant me chercher, Toulouse m'a convaincu de voir les choses autrement, qu'un départ serait une autre manière d'apprendre. Je viens d'un petit village près de York, où tout le monde est très proche. J'y ai encore mes amis, pas grand monde ne part de là-bas. Rien que de s'imaginer le faire était déjà un grand bouleversement.
3. Ils font quoi aujourd'hui, tes potes restés dans le Yorkshire ?
J'ai deux amis qui tiennent un padel. Il va falloir que j'aille jouer contre eux à l'occasion, d'ailleurs, parce qu'il y a eu beaucoup de blabla, mais je peux te dire que c'est moi qui vais gagner. D'autres jouent au foot, certains travaillent dans la finance, un autre est électricien… Ce qui compte, c'est que quand on se retrouve sur place, tout est exactement comme avant. C'est ce qui me manque le plus, voir mes amis et ma famille, mon chien, aller au pub…
4. Avant d'arriver à Toulouse à l'été 2024, tu as reconnu avoir eu peur. Tu craignais quoi ? Les coups de soleil ?
Je bronze plutôt bien ! (il montre ses avant-bras) Non, comme je disais, j'avais surtout peur de quitter l'Angleterre pour la première fois, c'était un choix un peu effrayant à ce moment-là. Mais comme on dit, les meilleures choses se trouvent parfois de l'autre côté de la peur.
5. Tu avais aussi affirmé vouloir jouer dans des villes où le football avait une certaine valeur aux yeux des gens. Personne ne t'a dit que Toulouse était une ville de rugby ?
C'est très important pour moi de savoir que ce que l'on fait a une signification pour les gens. Et non, je ne savais pas que la ville était passionnée de rugby, mais quand je suis arrivé, Jack Willis (joueur anglais du Stade Toulousain, ndlr) m'a envoyé un message pour